Paul ROUSSELOT ce mal connu

L’école primaire de Courcelles-Chaussy porte le nom de Paul Rousselot. Mais qui était-il ?

Paul Rousselot naît le 16 août 1914 à Bordenach (Bourdonnay) près de Château-Salins, en ayant donc la nationalité allemande. Son père disparaît en 1918 et il est réintégré de plein droit dans la nationalité française en application du Traité de Versailles de 1919.

 

Pupille la Nation, il fait ses études à l’école primaire supérieure de Saint-Avold, réussit le concours d’entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Montigny-les-Metz. En 1933, il est instituteur stagiaire à Morhange et il est titularisé au bout de deux ans.

 

Il se marie en 1937, fait son service militaire puis il est nommé à Cherisey. Le couple a deux filles, l’une née en 1938, l’autre en 1939.

Mobilisé en 1939, lors de la "drôle de guerre", il est fait prisonnier par les Allemands, dans les Vosges. Il est interné à l’Oflag 2B à Arnswald en Poméranie. Libéré comme Lorrain en février 1941, il reprend son poste d’instituteur à Cherisey.

 

En mai 1941, il refuse une mutation en Allemagne et il est expulsé avec sa famille. Abandonnant tous leurs biens, n’emportant que quelques valises et un peu d’argent, les Rousselot partent en train vers le Gard puis la Corrèze où il rejoint un poste d’instituteur à Monestier Port-Dieu, près d’Ussel.

La famille s’agrandit avec des jumeaux, nés en 1941, puis une fille, née en 1944.

 

Au cours de l’année 1944, Paul Rousselot fait partie du maquis de la Haute-Corrèze, assurant l’instruction militaire des plus jeunes, en tant qu’officier de réserve.

 

Il quitte sa classe et s’engage, avec quelques amis, dans la Brigade Alsace-Lorraine (BAL) commandée par le colonel Berger, alias André Malraux. Il participe aux combats des Vosges et de l’Alsace : Bois le Prince, Altkirch, Ballersdorf, Dannemarie, Ramonchamp et à la défense de Strasbourg au moment de la contre-offensive de Von Runstedt. Il commande alors deux compagnies de la BAL, les compagnies Valmy et Verdun.

 

Le 10 janvier 1945, il est porté disparu. Bien plus tard, son épouse apprendra que ses camarades redoutaient le pire. Elle ne reverra son mari qu’en mai 1945.


Paul Rousselot est nommé directeur d’école à Courcelles-Chaussy à la rentrée 45 après cinq années d’absence loin de la Lorraine. La famille fait rapatrier, en train, meubles et équipements depuis la Corrèze. Mais le wagon contenant leur déménagement a brûlé en gare de Dijon. Tout a été abîmé par l’eau et le feu.

 

A Cherisey, il ne reste presque plus rien dans le logement de l’école sinistrée. Et la ferme familiale de Bourdonnay est dans un triste état, d’abord habitée par des colons allemands puis, en 1944, par des Américains qui ont utilisé les meubles et les vieilles armoires comme bois de chauffage.

Pour comble de malheur, la SNCF réclame aux Rousselot le remboursement du wagon incendié !!! C’est dire s’il leur en a fallu du courage pour surmonter, comme beaucoup d’autres Lorrains, toutes les difficultés rencontrées pendant les années de guerre.

 

Voilà donc Paul Rousselot directeur de l’école de garçons (aujourd’hui la bibliothèque municipale), à la rentrée 1945.

Il sera aussi secrétaire de mairie de 1945 à 1967 et aura de nombreuses activités : action culturelle (théâtre, foyer rural, cinéma culturel, cours d’adultes…), et mission sociale et mutualiste.

 

Son épouse prendra, elle aussi, sa part dans l’organisation de kermesses et autres activités bénévoles.


Paul Rousselot était titulaire de nombreuses décorations militaires : médaille des blessés, croix du combattant, croix du combattant volontaire de la Résistance, Mérite militaire.

 

Il était aussi Chevalier des Palmes académiques et médaillé de la Jeunesse et des Sports.

 

En 1962, Il est fait chevalier de la Légion d’honneur devant le monument aux morts de Courcelles-Chaussy.

Le 20 août 1967, Paul Rousselot, son épouse et une amie, Mme Stalter, vont rendre visite à l’ancien pasteur de Courcelles installé à Strasbourg. Près de Welhenheim, c’est l’accident et tous les trois sont tués sur le coup.

 

Tout Courcelles-Chaussy rendra un vibrant hommage à cet homme au destin peu commun.

 

Par délibération en date du 17 janvier 1974, le Conseil municipal de Courcelles-Chaussy, présidé par le maire André Semin, décide "qu’à compter du 1er janvier 1974, le groupe scolaire portera le nom de Paul Rousselot en hommage à cet instituteur émérite qui a enseigné dans le commune de 1945 à 1967, année de son décès dans un accident de la route".


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